L'armée recherche des talents féminins

Si vous aviez dit dans les années soixante que l'armée était un endroit où une femme pouvait faire carrière, on vous aurait traité de fou. Les temps ont changé et l’armée a également connu son lot d’évolutions. De nos jours, l'armée belge emploie 2.910 femmes dont 1.410 occupent des postes de direction.

16 janvier 2018

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"Les femmes sont plus fortes que vous ne pourriez le penser" (Joyce, opérateur de radar à la Défense).

Lutgardis Claes a commencé sa carrière à la Défense lorsqu'elle s'est inscrite à l’âge de 17 ans en 1978 à l'école royale militaire. C'était la première année que cette école renommée acceptait des candidats de sexe féminin. Cela signifiait qu'elle pouvait enfin exaucer son rêve d'enfance.

"Quand j’étais jeune, je voulais déjà savoir comment les avions (de combat) étaient assemblés. Le fait d’avoir l'opportunité de suivre des études d'ingénieur civil en aérospatiale, en armement et en balistique était la meilleure chose qui puisse m'arriver. Je ne pouvais pas imaginer un meilleur biotope que celui de l'armée."

Général Lutgardis Claes

Aujourd'hui, 40 ans plus tard, Lutgardis Claes peut être fière d’être général-major de l'armée belge tout en parlant le néerlandais à la perfection. C’est le couronnement d’une carrière militaire où elle a eu l’occasion de suivre d’innombrables formations et de relever de nombreux défis. Jusqu’au mois de mars 2017, elle était par exemple active en tant que conseiller militaire de l'ambassadeur de Belgique aux Nations Unies à New York. "En plus de la solide formation de base proposée par la Défense, vous avez l'occasion d'améliorer vos connaissances et vos compétences dans différents types de services opérationnels et de soutien", explique-t-elle.

"C'est la somme de toutes ces expériences professionnelles qui me permet d'exercer mes responsabilités actuelles en tant que rectrice de l’école royale militaire à Bruxelles en tenant compte de l’armée dans son ensemble", déclare Lutgardis Claes. "Vous êtes formé pour voir et évaluer les choses avec une certaine perspective."

Comment Lutgardis Claes décrit-elle son style de leadership ? "Le leader parfait n'existe pas. Il est important que vous connaissiez vos forces mais aussi vos points d’attention", explique-t-elle. "Je suis convaincue qu'un leadership fort commence par une bonne dose de connaissance de soi afin de pouvoir s'entourer d'une équipe de personnes dont les talents sont complémentaires. Les moments lors desquels j'ai décidé que nous pouvions réaliser des choses ensemble en tant qu'équipe sont mes meilleurs souvenirs professionnels."

Bien sûr, il y a des situations où, en tant que gestionnaire, elle doit être sur ses gardes. "Le plus important est de donner le bon exemple et d'être crédible au quotidien. Cela me convient parfaitement. Avec le professionnalisme, la véracité forme les pierres angulaires du leadership. Plus vous investissez dans ces piliers, plus vous serez respecté."

Essence de défense

Un exemple tout à fait différent est celui de Joyce (27 ans). Cela fait 4 ans qu’elle travaille pour la Défense à la caserne de Heverlee. Quand elle a postulé, c'était principalement le fait de porter l’uniforme et l'aspect physique de la formation qui l'intéressaient. "Quand j’étais enfant, j'adorais camper dans la forêt et jouer à la guerre."

Dans sa fonction actuelle d’opérateur radar, Joyce (qui préfère que son nom complet n’apparaisse pas dans les médias) trouve très intéressant de scanner l'environnement et d'examiner si une côte est sûre. "Je trouve également que les exercices de tir que l’on nous donne sont excellents. Cela permet de vous protéger et de veiller à la sécurité de vos compagnons d'armes en cas de catastrophe imminente", poursuit-elle. "Le fait de se protéger a toujours été en moi. En soi, c'est l'essence même de la Défense. Faire en sorte que notre pays, ses citoyens et notre prospérité soient protégés du danger extérieur."

Ne jamais laisser quelqu'un derrière soi

Joyce raconte à quel point elle était rebelle quand elle était jeune. Elle avait du mal à accepter l'autorité et à mettre de l'ordre et de la structure dans sa vie. Jusqu'au moment où elle intégra l'armée ... "C'est incroyable de voir comment j'ai changé en quelques années. Vu que nous travaillons dans de nombreux départements et qu’un certain nombre d’emplois dépendent les uns des autres, je suis passé d'un état d’esprit solitaire à celui d’un joueur d'équipe. L'une de nos principales lignes de conduite est que nous ne laissons jamais l'autre dans une situation dangereuse. C'est cet état d’esprit bien strict qui m'aide à devenir une meilleure version de moi-même."

Joyce est la seule femme au sein de son escadron. Se sent-elle étrangère à ces soixante collègues masculins ? "Au début, j'ai dû faire mes preuves. A partir du moment où j’ai montré ce que je valais et que je maîtrisais mon travail, la reconnaissance est venue spontanément."

Faire carrière à l'armée

Comment voit-elle évoluer sa carrière à l'armée ? "Je voudrais atteindre le grade de sous-officier. J'aime prendre des initiatives et trouver des solutions lorsque des problèmes surviennent", explique-t-elle. Elle ne trouve pas que le fait d’être une femme lui ferme des portes. "Que du contraire. Les femmes sont plus fortes que vous ne pourriez le penser", affirme Joyce tout en se référant à une déclaration faite par sa grand-mère qui est devenue veuve à un âge relativement jeune. Une de ses phrases préférées était la suivante : "Vouloir, c'est pouvoir". C'est sur base de cette devise que je façonne mes ambitions pour les années à venir."

(eh/jy)

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