L'Allemagne crée 100.000 'jobs à 1 euro'

Le gouvernement allemand a créé 100.000 'jobs à 1 euro' destinés aux demandeurs d'asile. Il s'agit de fonctions pour lesquelles ils perçoivent une allocation non imposable d'un euro par heure de travail. Un tel système peut-il être appliqué en Belgique ?

Le gouvernement allemand a pris un certain nombre de mesures visant à faciliter l'intégration des 1,1 millions de demandeurs d'asile qui sont arrivés sur son territoire l'année dernière. La création de ces 100.000 'jobs à 1 euro' n'est pas inscrite dans les limites du marché du travail traditionnel. Imaginez la gestion de tous ces emplois dans les centres d'accueil pour réfugiés, la maintenance et les services destinés aux personnes âgées. L'année dernière, 230.000 'jobs à 1 euro' ont été enregistrés en Allemagne.


En attendant une décision quant à leur requête, les demandeurs d'asile peuvent en quelques sortes être intégrés dans la société. "Ces emplois leurs offrent la possibilité d'exercer une activité utile et intéressante pendant une durée d'environ six mois, le temps qu'une décision soit prise au niveau de leur dossier", explique la chancelière Angela Merkel. En Allemagne, les demandeurs d'asile ont normalement accès aux offres d'emploi à partir du moment où aucun candidat originaire du pays ou de l'Union européenne ne peut être trouvé. Cette règle est désormais suspendue pour une période de trois ans.

Les réfugiés peuvent-ils travailler en Belgique ?

Une personne souhaitant travailler en Belgique doit en principe disposer d'un permis de travail. Les réfugiés reconnus bénéficient d'une exemption à ce niveau, au même titre que les résidents de l'Union européenne. Une personne reconnue comme réfugiée suite à l'aboutissement de sa procédure d'asile peut donc travailler sans aucun problème si elle est en possession d'un permis de séjour valable.


Si la procédure d'asile d'un individu n'est pas complètement achevée (comme les demandeurs d'asile allemands effectuant un 'job à 1 euro'), il doit être en mesure de présenter un permis de travail de type C. Celui-ci peut être octroyé 4 mois après la demande d'asile. Quiconque le reçoit peut travailler moyennant un permis de séjour en cours de validité. S'il est décidé à la fin de la procédure d'asile que la personne n'est pas reconnue comme réfugiée, elle perd tout droit de travailler et de rester dans le pays.


Une législation similaire aux 'jobs à 1 euro' n'est pas possible dans notre pays mais, si un demandeur d'asile ou un candidat réfugié en Belgique dispose d'un permis de travail, il ou elle aura droit à une rémunération normale. Le permis est valable pour toute profession auprès de n'importe quel employeur et est valable un an.

Volontariat

Les demandeurs d'asile ne pouvant présenter de permis de travail peuvent faire du bénévolat. Il s'agit de volontariat et de prestations non rémunérées ayant lieu au sein d'une organisation ne poursuivant aucun but lucratif. Certains demandeurs d'asile séjournant près des canaux à Gand ont par exemple eu l'opportunité de nettoyer et embellir le voisinage.


Le cabinet de Kris Peeters, ministre de l'Emploi et de l'Economie affirme que la loi du 22 mai 2014 offre la possibilité d'une réforme approfondie et élargie au niveau du travail bénévole effectué par des étrangers. L'exécution du volontariat peut constituer un maillon important au niveau de leur acceptation dans notre société et leur permettre d'exploiter pleinement leurs talents. Cela leur facilitera également l'accès au marché de l'emploi car ils occupent leurs journées de façon constructive et assurent leur intégration au sein de la population locale.


En travaillant bénévolement, les demandeurs d'asile ou candidats réfugiés peuvent bénéficier d'une compensation. Attention, il ne s'agit pas d'une rémunération mais plutôt d'avantages offerts par l'employeur sur base de preuves que le travail a été correctement effectué. Cela permettrait aux bénévoles de bénéficier d'un petit quelque chose. Le cabinet de Kris Peeters avertit toutefois qu'une certaine prudence est de rigueur : il est important de veiller à ce qu'il soit question de volontariat et non de l'exploitation d'une main d'œuvre bon marché.


(eh/jy) 

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13/06/2016