La flexibilité du travail n’est pas sans danger

Choisir soi-même la période, le nombre et la durée de ses congés ? Cela semble trop beau pour être vrai, mais c’est bel et bien la réalité des employés de la société Virgin. Tous ne sont cependant pas convaincus de l’effet positif de telles mesures.

Virgin n’est pas pionnier en la matière. Aux Etats-Unis, d'autres grandes entreprises travaillent déjà avec un système similaire. Le service de streaming Netflix en est déjà adepte et n’impose aucun jour de congé fixe.

Conditions

"Les collaborateurs de Virgin vont pouvoir déterminer par eux-mêmes s’ils prendront quelques heures, un jour, une semaine ou un mois de congé", promet Richard Branson. La seule condition serait la suivante : ils doivent être à 100% sûrs que leurs projets soient terminés et qu’ils soient à jour avec tous leurs dossiers. Branson ajoute que, si le collaborateur prend congé, son absence ne peut en aucun cas nuire à sa carrière. Autrement dit, il doit avoir achevé son travail. Mais c’est à ce niveau-là que le bât blesse pour la plupart des employés. Quand peut-on considérer que l’on a fini son travail ? Est-ce toujours si facile à déterminer ?

Impacts négatifs

Lucy Kellaway, journaliste spécialisée en management au Financial Times, appose à cette déclaration une grande question et un point d’exclamation. Elle prédit des effets défavorables d’un tel règlement de travail pour les travailleurs, et souligne que celui-ci est uniquement bénéfique à l’employeur.


Elle estime également que certaines personnes n’auront jamais fini de travailler et n’oseront pas prendre leurs congés en temps et en heure. Les effets suivants risquent logiquement de faire leur apparition : burn-out, stress et autres maladies. Les personnes concernées risquent de penser qu’elles ne méritent pas de prendre un break tant qu’elles n'ont pas entièrement bouclé leur planning. Or, il existe des tâches réclamant un suivi continu et ne pouvant jamais être complètement achevées. A l'inverse, d'autres employés moins engagés pourraient quant à eux profiter de la liberté d’un tel règlement et en abuser sans aucun sentiment de culpabilité.


"La vision actuelle du travail moderne est comparable à un puits sans fond. En effet, il n'y a jamais de véritable fin", explique Kellaway dans les colonnes du Financial Times. "La plupart des missions étant illimitées dans le temps, il est relativement difficile d’estimer le moment pendant lequel on peut s'absenter. Des congés fixes donnent à penser que l’on peut prendre congé sans pour autant avoir réussi à abattre tout le travail imparti."

Intérêt pour la flexibilité

Kellaway avoue tout de même que le contrôle des heures de travail est de l’histoire ancienne. Nous évoluons à présent dans une ère où l’accent est mis sur les réalisations et non sur les heures prestées. Selon elle, il y a bien une place pour un système plus flexible et ce serait une erreur de s’accrocher aux vieux modèles de collaboration trop statiques. Elle est donc favorable à une sorte de "package de congés" avec un certain nombre de jours que chacun pourrait planifier en toute liberté selon ses préférences.

(EH) (SC) Sources : Express.be / ft.com / Wolterskluwer.be 

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17/11/2014