La demande de gardes du corps augmente à vue d’œil

Le métier de bodyguard n'est pas destiné aux personnes impulsives. L'objectif principal de chaque mission est d’éviter le danger (sur la photo: des gardes du corps lors d'une visite royale).

'La police fédérale fait face à une pénurie de gardes du corps', voilà ce que l’on pouvait lire dans les journaux il y a peu de temps. En effet, ces hommes et ces femmes devant par exemple protéger des politiciens sont une denrée rare. Plus d’un poste vacant sur trois ne trouve pas preneur mais, dans le secteur privé, la situation semble toutefois légèrement meilleure.

Au sein de l'entreprise de sécurité 'Seris' basée Diegem, une trentaine d'étudiants suivent chaque année une formation de "Protection rapprochée". Pour l'instant, ce nombre est encore suffisant pour satisfaire les attentes de tous les clients, explique Luc De Jonghe, patron de Seris.

"La demande de gardes du corps augmente mais la Belgique n'est pas un gros marché pour ce type de service", poursuit Luc De Jonghe. "Nos gardes du corps ne sont pas seulement utilisés dans notre propre pays, ils le sont dans toute l'Europe. De plus, nous formons non seulement nos propres employés mais également ceux d'autres entreprises de sécurité."

La formation des gardes du corps touche à tout et n'est destinée aux mauviettes. Les candidats apprennent des techniques d'autodéfense, reçoivent une formation en premiers soins, s’exercent au maniement des armes et s’entraînent à la conduite défensive et offensive. Ils ont aussi des cours sur le protocole et la diversité des cultures. Enfin, la profession de garde du corps est un exemple parfait d’apprentissage tout au long d’une vie. "Avec leur programme d'études, les étudiants n’iront pas bien loin", explique Luc De Jonghe. "Tout au long de leur carrière, ils devront suivre des formations supplémentaires, cela ne s’arrêtera jamais."

La majorité des demandes de protection proviennent d’entreprises, explique Luc De Jonghe. "Cela concerne habituellement les industriels, les chefs d'entreprise et les CEO qui sont confrontés à une certaine menace et que nous devons protéger. Ces demandes proviennent presque toujours de l'entreprise. Il y a aussi quelques particuliers fortunés que nous protégeons mais ils sont clairement minoritaires."

Pas d’armoire à glace musclée

Devenir un garde du corps n'est pas un choix de carrière sur lequel tout le monde peut miser, affirme Luc De Jonghe. Le cliché de l’armoire à glace musclée qui agit avant de réfléchir est tout à fait erroné. "Nos hommes sont bien évidemment sportifs mais ne sont pas nécessairement des armoires à glace. Leur principale caractéristique est qu'ils savent travailler très discrètement en étant capable d’observer ce qui se passe 100% du temps. Ils doivent se fondre dans la masse et avoir des yeux derrière les oreilles. Ecouter, voire et se taire. Enfin, travailler de manière indépendante ne doit pas poser problème."

Une autre caractéristique très importante attendue d'un garde du corps est de penser avant d'agir. Le métier de bodyguard n'est pas destiné aux personnes impulsives. L'objectif principal de chaque mission est d’éviter le danger", explique Luc De Jonghe. "Si vous devez intervenir, c’est que la mission a déjà en partie échoué. Le rôle du garde du corps est de mettre un terme à l’incident le plus rapidement possible."

Psychologie

Il ne faut pas non plus sous-estimer le côté psychologique de la profession. "Une mission de protection est particulièrement drastique, tant pour le garde du corps que pour la personne à protéger", souligne Luc De Jonghe.

Un autre cliché qui n’est pas correct est le suivant : les gardes du corps ne restent pas chez la même personne pendant des mois, ils travaillent en équipe. Luc De Jonghe : "Il est bien évidemment possible de surveiller quelqu'un jour et nuit mais, après un certain temps, une équipe est remplacée par une autre afin que tout le monde puisse se reposer un minimum. À ce niveau, nous sommes soumis aux règles des conventions collectives de travail."

Service onéreux

Il reste encore une question : combien cela coûte-t-il d'engager un garde du corps ? "Il est très difficile de vous donner un chiffre car chaque mission est différente. Quelle est la hauteur du niveau de menace ? Combien de personnes devons-nous utiliser ? Quel est le matériel nécessaire ? Où la mission a-t-elle lieu ? Force est de constater que ce sont généralement des clients assez fortunés qui font appel à nos services", conclut Luc De Jonghe.

(eh/jy)

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23/11/2017