Innovation au travail : y a-t-il encore des inventeurs ?

"Dans des villes comme Amsterdam ou Copenhague, vous voyez souvent émerger les tendances plus tôt." (Lies Moris, A.S.Adventure)

Le monde est en évolution permanente et les entreprises se doivent d'évoluer tant au niveau des nouvelles technologies que des nouvelles tendances, des nouveaux produits ou services, ou encore des nouvelles manières de travailler.

Lies Moris est acheteur senior en mode & sports d’hiver chez A.S.Adventure. Elle sait comme personne qu’il s’agit de déjouer les tendances suffisamment à l'avance. "Pour notre collection de mode, nous allons régulièrement visiter la concurrence, tant en Belgique qu’à l’étranger. Dans des villes comme Amsterdam et Copenhague, vous voyez souvent émerger les tendances plus tôt. Les blogs ou les sites comme Pinterest sont également d’excellentes sources d’inspiration."


Pour son collègue Pieter Van Nieuwenhuyzen, acheteur senior en voyage & vélo, tout le monde peut contribuer à l’innovation. "C’est un fil rouge à suivre tout au long de notre profession. Au sein de l’entreprise, chacun d’entre nous est capable de devancer une tendance. Plus nous gardons les yeux bien ouverts et en alerte, mieux c’est."

Et dans 25 ans ?

Rester au goût du jour deviendra sans doute encore plus difficile pour des produits devant perdurer des dizaines d’années. "Nos sols doivent être à la mode d'aujourd’hui mais deviendront plus classiques dans quelques années", déclare Laurent Meersseman, Directeur R&D en sols chez Unilin, l'entreprise qui produit notamment les quick steps. "Si aujourd’hui, la mode est au bleu, nous ne devons par exemple pas produire de sols bleus, mais bien un revêtement s’adaptant à un intérieur dans une gamme de bleus. Ainsi, vous pourrez encore l'utiliser pendant des années."


Pour Laurent Meersseman, il est également crucial de rester au courant de la technologie. "Il est important pour nous de concevoir non seulement des produits dans une nouvelle couleur ou un nouveau modèle, mais aussi de les améliorer sur le plan technique."

Assis ou debout ?

Même les entreprises travaillant avec des produits traditionnels doivent continuer à innover, explique David Ducheyne, spécialiste en RH chez Securex. "Nous devons accompagner nos clients, de préférence de manière proactive. Prenons par exemple la nouvelle loi sur le bien-être, il nous incombe d’inventer de nouveaux services pour se mettre en règle avec celle-ci."


Tout comme les lois, la science ne reste pas non plus à l’arrêt. "Les années précédentes, un certain nombre d’études ont été publiées. Il en ressort que les effets négatifs de la position assise ne sont pas compensés par le sport que vous pouvez pratiquer après vos heures de travail", indique Sevi Golinvaux, architecte en innovation chez Securex. "Cela signifie que nous devons travailler d’une autre manière."


Dans cette perspective, elle décida de lancer un projet autour du sédentarisme. "Nous mettons à présent des chaises en forme de balle à disposition des travailleurs, introduisons des tables permettant de travailler debout, organisons des réunions sous forme de promenades, etc. De plus, nous recommandons le personnel à bouger le plus possible. Cela semble évident mais, lorsque quelqu’un suit une formation, pourquoi devrait-il rester assis en permanence ? Ne peut-il pas tout simplement écouter debout ?

Le labo du VDAB

Le VDAB est une autre entreprise travaillant avec des produits de moins en moins traditionnels. Ce service possède un laboratoire en innovation, dans lequel de nouvelles formes de prestations de service sont expérimentées. "Le marché du travail est en forte mutation. Même le comportement des consommateurs évolue. Au VDAB, nous ne pouvons faire autrement que de nous y adapter", ajoute Niels Tanésy, chef de projet business au VDAB. "Notre laboratoire d’innovation travaille conjointement avec nos futurs clients pour réinventer entièrement notre business model."


Nous devons tous travailler plus longtemps et cela doit rester supportable, estime-t-il. "Nous n’avons plus un emploi unique tout au long de notre vie. Réfléchir à sa carrière devient de plus en plus important. Il est de notre ambition de prêter main forte à quiconque sur le marché du travail, lors de chaque transition importante, de l’école à la vie active, d’une fonction junior à celle de senior, etc."

Innovation encore et toujours

L’innovation ne signifie pas qu’il faille pour autant toujours être radical. Beaucoup d’entreprises innovent graduellement. "Un simple exemple est celui des webinars", poursuit David Ducheyne de Securex. "Nous donnons depuis des années de l’information et des formations aux clients, mais il arrive que cela prenne beaucoup de temps pour organiser des séances de formation. Depuis quelques années, nous le faisons aussi via internet. C’est pour nous un beau progrès que de pouvoir dispenser notre contenu plus rapidement."


Afin de renouveler ses prestations de service actuelles, le VDAB intègre également les dernières technologies, nous apprend Niels Tanésy. "Notre 'speedscreening' en ligne en est une parfaite illustration. Celui-ci donne l’opportunité aux chercheurs d’emploi de rencontrer dix employeurs potentiels en une heure de temps, tout en restant derrière leur écran."

4 conseils créatifs au travail


  • Culture d’innovation
  • "Nos collaborateurs peuvent suivre une formation pour optimaliser leurs brainstormings" explique Jorrit Gillijns, Product Development Manager chez Unilin. "Nous avons également un portail d’innovation sur lequel les membres de chaque département peuvent lancer de nouvelles idées."


  • Les idées peuvent être tuées
  • "Nous avons développé un filtre pour collecter toutes les idées de nos collègues à des fins d’analyse", détaille Sevi Golinvaux de Securex. "Les trois années précédentes, sept innovations ont émergé pour être développées et commercialisées. Beaucoup sont éliminées mais il n’y a pas de mal. Aujourd’hui, nous savons vite si elles sont réalisables ou non."


  • Abandonner son bébé à temps
  • "La R&D réalise de nouveaux produits mais, une fois que les prototypes sont prêts, nous impliquons dès que possible les autres départements afin de pouvoir leur transmettre progressivement le projet", détaille Laurent Meersseman d’Unilin. "Nous le faisons consciemment parce qu’il serait dommage de laisser les créatifs piloter trop longtemps leur bébé. En pratiquant de la sorte, vous n’auriez plus beaucoup d’inventeurs avec le temps."


  • Regarder le marché
  • "Vous ne connaissez pas ce que vous n’expérimentez pas. Alors, testons un maximum" exhorte Bea De Beuckelaer, Merchandising Director chez A.S.Adventure. "C’est comme cela que les bestsellers voient le jour. Pour nos acheteurs, l’intuition est primordiale."


"Nous essayons autant que possible d’innover sur le plan technique, mais une innovation doit aussi avoir des chances de succès commercialement parlant". Steven De Bêl, Acheteur Senior d’articles de plein air chez A.S.Adventure le sait, les achats spontanés ne sont pas toujours les meilleurs choix. "La Belgique n’est pas un pays de 'plein air' par excellence, comme l'est par exemple la Suède."


(EH) (SC) Source : MARK Magazine 

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14/04/2015