Il est possible d'apprendre à traiter le plastique

"La demande de profils techniques est très élevée" (Vincent Mispelaere, directeur de PlastIQ).

De nos jours, nous ne pouvons pas imaginer notre vie sans plastique. En revanche, la manière dont on le fabrique est nettement moins connue. Il n'y a presque pas de formations à ce niveau, ce qui rend l'afflux de nouveaux employés quelque peu difficile. Après avoir suivi une formation, Anthony et Denis ont directement trouvé du travail dans ce secteur.

"La demande de profils techniques est très élevée", explique Vincent Mispelaere, directeur de l'organisation des formations sectorielles de l'entreprise PlastiQ. Avec l'aide du VDAB, il coordonne la formation des opérateurs en matières plastiques innovantes. Denis Kisselev (41 ans), a participé à cette formation. "Je viens du Kazakhstan et j'ai vécu pendant 16 ans en Belgique. Au cours des dix premières années, je ne pouvais pas travailler ici car je ne disposais pas de permis de séjour. J'ai d'abord évolué dans le secteur de la construction en tant que charpentier. C'était physiquement très dur sans compter les longues journées de travail. Je me suis donc mis à la recherche d'un nouveau challenge professionnel."


Via le projet 'Le plastique est une Mission' lancé par l'entreprise PlastiQ, Denis a eu l'opportunité de se former au métier d'opérateur en matières plastiques innovantes. D'une durée de 10 semaines, la formation comprend une partie théorique ainsi qu'un stage en entreprise.

Travail garanti

Vu que les stages sont axés sur la profession, la probabilité que le stagiaire soit engagé est élevée. Un an après leur formation, 90% des participants travaillent et 70% sont toujours actifs dans l'entreprise où ils ont effectué leur stage. "J'ai tout de suite été intéressé par cette formation. Un mois après avoir commencé mon stage chez Deceuninck N.V. à Roeselaere, on m'a proposé un emploi fixe. En tant qu'opérateur, je me devais de planifier toutes les tâches des différents processus de travail dans les délais impartis et dans le bon ordre", poursuit Denis Kisselev.

Motivation et enthousiasme

Les formations sont organisées deux fois par an dans les provinces de Flandre occidentale et orientale ainsi que du Limbourg. Une dizaine d'entreprises y participent et proposent généralement plus d'un emploi en leur sein. "Il n'y a aucune exigence en termes de qualifications pour les participants. Un intérêt pour le plastique est bien évidemment apprécié tout comme la motivation et la soif d'apprendre sur le lieu de travail. Le travail d'équipe et la flexibilité au niveau des déplacements sont également des éléments pris en compte. Je suis actuellement une formation interne afin de devenir contremaître", poursuit Denis Kisselev. Ses responsabilités comprennent le démarrage des machines et le changement des couleurs, sans oublier des tâches administratives et informatiques. "Il existe encore des opportunités de carrière : d'abord comme chef d'équipe et plus tard comme contremaître. En conclusion, j'ai encore une série d'occasions de me développer."

Package all-in

Après une formation en menuiserie, Anthony Azzaro (23 ans) a suivi la formation d'opérateur en matières plastiques dans le cadre du projet 'Le plastique est une Mission'. "Cela comprenait une introduction aux différentes techniques de traitement du plastique telles l'extrusion et le moulage par injection ainsi que diverses compétences techniques autour de l'électricité, la mécanique, l'hydraulique et la pneumatique. Un certificat attestant la maîtrise totale des chariots élévateurs est également prévu. Des conseils pour solliciter auprès d'employeurs potentiels sont également prodigués. Je n'ai pas trouvé cette formation contraignante, que du contraire. Les formateurs étaient sympathiques et l'ambiance quotidienne très agréable."

Feuille de route

Anthony s'est vu offrir un contrat fixe au sein de l'entreprise IPB N.V. située à Waregem. "Je travaille ici depuis un an en tant qu'opérateur dans un système composé de deux équipes. Ma fonction n'est pas physiquement éprouvante mais parfois difficile. Je dois être capable de trouver rapidement une solution en cas de problème avec une machine. Faire preuve de logique, voilà ce qui m'est demandé. Si vous ne parvenez pas à résoudre un problème, vous pouvez toujours compter sur l'aide du contremaître. Je suis actuellement occupé à gérer l'emballage des matériaux. C'est une tâche que je dois être capable de maîtriser à la perfection avant de pouvoir espérer me spécialiser dans l'extrusion", conclut Anthony.

Les jeunes expérimentent avec les matières plastiques

Beaucoup de jeunes n'ont aucune idée de ce que contiennent les matières plastiques, des secteurs qui les utilisent et des possibilités qu'elles offrent. Avec son 'Plastic Lab', l'entreprise PlastiQ souhaite attirer les étudiants à se former dans les STEM (Sciences Technologie Enginierie et Mathématiques) et aux métiers qui y sont liés.


Le Plastic Lab est un laboratoire mobile rempli de technologie et d'expériences high-tech autour du recyclage du plastique et de la transformation des matières plastiques. Les élèves de sixième primaire peuvent déjà faire des expériences en recyclant leurs propres déchets plastiques afin de créer un frisbee ou une coque pour smartphone. Le laboratoire est supervisé par un coach expérimenté.

La Flandre occidentale, province du traitement des matières plastiques

En Flandre occidentale, l'industrie des matières plastiques représente quelque 3.889 emplois soit 5% du secteur de l'industrie. Elle concerne 98 bureaux/entreprises qui représentent une valeur ajoutée de 400 millions d'euros. Ces chiffres ont été publiés par Essencia Flandre et il est frappant de constater que, en 2015, la Flandre occidentale représentait un quart (22,2%) de l'emploi au niveau des matières plastiques et de la transformation du caoutchouc en Flandre.


(eh/jy) 

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24/01/2017