Ignorer les candidatures peut coûter cher aux entreprises

« Les entreprises investissent dans des conversation managers chargés d’entamer la conversation avec le client ou le collaborateur potentiel sur les media sociaux. Mais tous ces efforts sont vains si on écarte les candidats sans détours. »

20 avril 2012

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« Je vois des regards incrédules dans la salle. Je viens de décrire à un groupe d’étudiants à quoi ressemblerait leur entrée sur le marché du travail. Comment postuler pour un job full time. Comment se fixer des buts plus accessibles comme optimiser son premier entretien. Et surtout comment ne pas se décourager si l’on ne reçoit pas de réponse à 4 sur 5 de ses candidatures. » Frederik Anseel, professeur en psychologie des organisations à l’Université de Gand et responsable du groupe de chercheurs VIGOR raconte…

« C’est surtout le dernière pronostic qui soulève le tollé. Les entreprises ne prennent vraiment pas la peine de donner une réponse à une sollicitation préparée avec soin ? Honteux ! Je hoche la tête avec compassion. Car je sais que la majorité de ce groupe d’étudiants combatifs se retrouveront bientôt de l’autre côté de la table en tant que responsables du recrutement. Et feront exactement la même chose. Ne pas répondre aux candidatures. Pas de feedback aux tests d’aptitude. Trop de travail. Pas le temps. »

« Hans Bonte, sp.a, a secoué le cocotier la semaine passée. Il envisage une proposition de loi dans laquelle les entreprises pourraient recevoir une amende de 500 euros si elles ne répondent pas aux candidatures. Les chercheurs d’emploi doivent bien chercher du travail, alors les employeurs peuvent aussi avoir des obligations. Les candidats non retenus doivent rester motivés », soutient Bonte.

Injuste

« Mais en fait c’est fou que les employeurs ne le fassent pas d’eux-mêmes. Les entreprises sont aux prises avec la guerre des talents. Il y a des tas de postes vacants qui ne peuvent être remplis en raison d’un marché du travail trop étroit. Les entreprises investissent dans des conversation managers chargés d’entamer la conversation avec le client ou le collaborateur potentiel sur les media sociaux. Mais tous ces efforts sont vains si on écarte les candidats sans détours. »

« La dernière décennie, les scientifiques ont mené des enquêtes approfondies sur la manière dont on réagit à des sollicitations. Pas très surprenant, établissent-ils, que les candidats trouvent injuste de ne pas recevoir de réponse à leurs candidatures. Ce qui étonne plus, c’est que de tels sentiments d’injustice aient de plus larges conséquences. »

La solution est pourtant simple

« Tout comme un client mécontent, un candidat maltraité raconte son expérience décevante à qui veut l’entendre. Et sur Twitter et Facebook il y a des oreilles pour l’écouter. On peut ainsi inciter ses amis à surtout ne pas solliciter auprès de l’entreprise. On ne réagit pas seulement comme un client mécontent, on est aussi un client mécontent. Après une candidature qui s’est mal passée, les gens sont moins incités à acheter des produits de l’entreprise et le déconseillent aussi aux autres. »

La solution est pourtant simple. Une simple explication standard (« il y avait de meilleurs candidats ») suffit déjà à tempérer l’insatisfaction. Une réponse cohérente peut avoir des réactions très positives même lors d’un refus. Les meilleurs employeurs ont-ils vraiment besoin d’une loi pour cela ?

Frederik Anseel est professeur en psychologie des organisations à l’Université de Gand et responsable du groupe de chercheurs VIGOR. 

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