Exclusion sociale au travail ? Prenez garde

Exclure, rejeter ou ignorer, c’est parmi les sanctions les plus graves que l’on puisse infliger à quelqu’un. Les supérieurs doivent être à l’écoute des individus se sentant exclus. C’est l’avis de Gerrie Vogels, une experte en la matière.

20 août 2013

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Il nous arrive parfois d’être victime d’un rejet manifeste. Comme par exemple se rendre compte que nous ne sommes pas bienvenus à telle occasion. Ou que notre partenaire nous quitte pour un(e) autre. Notre société pratique aussi l’exclusion : les prisons sont pleines de gens qui ont été exclus parce qu’ils ne s’en tenaient pas aux règles. Un enfant qui n’obéit pas est puni et doit sortir dans le couloir. Un collaborateur qui ne fonctionne pas comme on l’entend reçoit son préavis. « L’exclusion survient souvent dans des situations de conflit, nous sommes fâchés et nous nous abstenons de parler à l’autre », illustre encore Vogels.

Mais l’exclusion peut être aussi un peu plus subtile. Vous avez par exemple l’impression qu’on ne vous écoute pas, que vous n’êtes pas invité à une fête mais les autres bien, ou des gens adoptent une attitude de rejet lors de vos interventions en réunion (ou les ignorent tout simplement). En bref, nous rencontrons l’exclusion dans tous les aspects de notre vie quotidienne.

La pire des sanctions

Vogels : « Exclure, rejeter ou ignorer, c’est parmi les sanctions les plus graves que l’on puisse infliger à quelqu’un. En tant qu’humain, nous sommes des êtres sociaux. Pour survivre, nous avons toujours eu besoin des autres : pour manger, nous protéger et nous reproduire, par exemple. »

« Nous avons développé des mécanismes, disons des antennes, avec lesquelles nous mesurons constamment si nous faisons bien toujours ‘partie du groupe’. Dès que nous sentons que nous en sommes exclus, nos alarmes se mettent à sonner », explique-t-elle.

Cela peut aussi s’observer sur un scanner cérébral. Lors d’une expérience, on a pratiqué un IMR sur des individus qui se faisaient exclure d’un jeu de balles sur ordinateur. Dans leur cerveau, ces parties commencent à s’éclairer, parties qui s’éclairent également lorsque l’on ressent une douleur physique par exemple quand on s’assène un coup de marteau sur le pouce. Se sentir exclu ou ignoré fait donc aussi réellement mal.

Attitude appropriée

Lorsque les gens craignent d’être exclus, ils sont plutôt tentés de s’adapter au reste du groupe, ils adaptent leurs pensées ou ravalent leurs critiques. L’angoisse d’être rejeté peut donc conduire à un comportement plus adapté.

« L’expérience nous le confirme, il est souvent difficile d’avoir une opinion divergente dans une équipe, parce que le risque est réel d’être exclu ou rejeté », explique Vogels. « Cela se passe surtout dans des groupes sous pression, par exemple, par manque de temps ou de personnel. Celui qui remet en question une certaine politique risque de ne pas être entendu. Parfois, le groupe a la conviction inébranlable que le chemin choisi est le seul possible. »

Effets négatifs

Lorsque vous êtes réellement rejeté ou exclu, vous en subissez les effets négatifs. Vous pouvez ressentir une sorte d’engourdissement : nous devenons moins sensibles aux stimuli de souffrance et notre sympathie diminue aussi. Il se peut en outre que l’on soit moins capable de réfléchir.

Des expériences ont été faites dans lesquelles les participants devaient passer des tests d’intelligence après avoir été rejetés. Ils les réussissaient nettement moins bien que les gens qui n’étaient pas rejetés. L’étude a aussi montré que l’exclusion pouvant mener à l’agression endommageait parfois nos qualités sociales.

Les supérieurs doivent donc être particulièrement attentifs aux critiques et autres remarques, même si elles sont exprimées par une minorité », conclut Vogels. « En tant que supérieur, vous devez veiller à ne pas créer une atmosphère dans laquelle les collaborateurs n’osent plus s’exprimer de peur d’être rejetés ou exclus. »

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