Envie de travailler sur un chantier naval ?

Le chantier naval de Rupelmonde, abandonné mais autrefois synonyme d'emploi et de prospérité économique, a été racheté par un groupe spécialisé dans la construction. "Nous comptons le rendre plus attrayant aux yeux des jeunes". La taxe kilométrique semble être une des principales raisons de sa résurrection.

17 août 2016

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"Nous pensons qu'il faudra cinq à six ans pour former des jeunes qui iront de l'avant." (Pol Jansen, PDG du groupe Aertssen)

A Rupelmonde, entre Anvers et la Flandre Orientale, l'activité économique au sein du chantier naval s'était arrêtée depuis un certain temps. Le groupe de construction anversois Aertssen souhaite y remédier. "Le chantier a été à l'arrêt pendant deux ans, il est désormais actif et emploie une dizaine d'hommes", précise Pol Jansen.


"Nous recruterons bientôt plus de personnes mais ne leur proposerons encore que des contrats temporaires. D'ici deux ou trois ans, nous souhaitons que le chantier soit opérationnel à 100%. Nous sommes déjà actifs et avons reçu des demandes de construction de navires. Si tout cela se concrétise, nous engagerons une vingtaine de personnes supplémentaires."

Déclarée en faillite

La chantier naval de 2,5 kilomètres de long a une histoire faite de prospérité et de décadence. Il y a nonante ans, les chantiers le long de l'Escaut étaient encore actifs dans la réparation de navires, ce qui créait de nombreuses opportunités d'emploi. Il s'agissait de l'employeur le plus important de la région et un véritable pôle économique synonyme de prospérité. En 2002, les chantiers furent remis à neuf mais leur activité fut de courte durée. Une faillite fut prononcée en 2014 et le groupe Aertssen a désormais décidé d'en faire l'acquisition.


Le chantier est encore jonché d'objets rouillés et de débris tandis que les quais sont recouverts de tonnes de boue qui doivent être évacuées. Cela ne semble pas décourager les nouveaux investisseurs. Le groupe compte 1.200 employés dont la moitié travaille à l'étranger. Cet évènement est une première pour l'entreprise qui n'avait jamais acquis de chantier naval précédemment.

Taxe kilométrique

Selon Pol Jansen, cette décision est murement réfléchie. La taxe kilométrique y est pour quelque chose. Celle-ci augmentera d'ici les prochaines années. Des plans de navigation sans pilote sont même en cours d'élaboration. "Pour nous, il existe des lacunes à ce niveau. Le secteur a été saigné à mort et son niveau le plus bas a été atteint. Il ne peut que se remettre à augmenter. Cela s'est immédiatement confirmé après l'achat des chantiers. Quelques jours plus tard, deux navires avaient déjà pointé le bout de leur nez."


A long terme, le transport maritime sera la seule et unique manière de gérer la mobilité autour du port d'Anvers. "Nous voulons devenir les mécaniciens de tous les navires. Nous espérons prendre 200 bateaux en charge même si nous estimons qu'il est possible d'en gérer le quadruple. Cela prend du temps mais nous voulons éviter de brûler les étapes. Quinze réparations sont prévues d'ici la fin du mois de septembre. De nouvelles demandes ne sont pas à exclure. Même s'il a été fermé pendant deux ans, le chantier jouit d'une bonne réputation. Les propriétaires de bateaux flamands n'avaient plus d'endroit où effectuer leurs réparations ou leur contrôle technique. Ils étaient contraints de se rendre au Pays-Bas ou plus loin en Wallonie."

Opportunités d'emploi

Il y avait une autre raison d'investir dans ce secteur : Aertssen travaille déjà depuis des années dans le transport de matériaux divers et le fait de voyager par la mer permet d'être plus rapide. Pour des travaux d'une certaine ampleur, il est question d'un gain de temps deux fois supérieur au transport classique par la route. Lieven Dejonckheere, responsable des voies et canaux navigables, est du même avis que Pol Jansen : "le transport maritime va augmenter de façon explosive. A Rotterdam, 80% des transports ont lieux via des canaux. En Flandre, ce pourcentage sera encore plus élevé."


Le redémarrage du chantier est une bonne nouvelle pour les perspectives d'emploi à Rupelmonde et dans les environs. Le groupe Aertssen fait appel à des travailleurs de l'ancien chantier dans le but de faire revivre le site. "Nous sommes surtout à la recherche de soudeurs et de monteurs. Il n'est pas trop difficile de trouver des soudeurs mais cela s'avère plus difficile pour les monteurs : il s'agit de professionnels qui apprennent directement leur métier sur le terrain. Il n'y a pas d'écoles prévues à cet effet. Nous trouvons des solutions provisoires mais les personnes qui travaillent pour nous arrivent en fin de carrière et ne resteront plus actives longtemps. Par conséquent, nous allons à la recherche de jeunes talents capable d'apprendre sur le terrain. Selon nous, un telle situation durera entre cinq et six ans avant d'atteindre un niveau optimal."

Condition

Pour l'instant, la société n'a pas de difficulté à embaucher de jeunes travailleurs, explique Pol Jansen. Pourtant, l'image du chantier doit absolument être plus sexy pour attirer du monde, ce qui n'est pas le cas actuellement. "Tout à l'air quelque peu désuet, qu'il s'agisse des plantes ou de l'image générale. Le chantier n'est pas assez avenant. Nous devons y travailler car ce lieu est très présent dans le culture du village. De nombreuses familles y ont travaillé dans le passé et il est encore très présent dans la mémoire des villageois. Beaucoup de gens considèrent que travailler près de chez eux est un atout de taille. Cela joue clairement à notre avantage."


Une personne qui travaille sur un chantier naval n'a pas une vie des plus facile, prévient Pol Jansen. "C'est très éprouvant physiquement et comparable à un emploi dans le secteur de la construction. L'acier pèse relativement lourd et votre condition physique doit être excellente." Vous sentez-vous prêt à relever un nouveau challenge professionnel ?


(eh/jy) 

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