Des personnes âgées pour guider les jeunes issus de l’immigration ?

"L'uniformisation de mon diplôme a pris dix-huit mois" (Karam, réfugié syrien et demandeur d'emploi, en compagnie de son mentor François).

Etablir des synergies entre les personnes âgées et les jeunes issus de l'immigration afin qu’ils puissent plus facilement trouver un emploi. C’est avec cet objectif que 'Duo for a Job' a étendu ses activités à Anvers. Les résultats sont encourageants.

Il y a trois ans, l’organisation a fait ses débuts à Bruxelles. Elle étend désormais son champ d’action à la métropole d’Anvers où 29,5% des habitants d’origine étrangère ne trouvent pas d’emploi avant leurs 25 ans. C'est presque le double du taux de chômage moyen de la population totale d'Anvers (16,2%). Entretemps, le marché du travail anversois souffre d'une pénurie au niveau d'un certain nombre de postes.

Grâce à l'expertise et à l'expérience des travailleurs âgés de plus de 50 ans, 'Duo for a Job' veut soutenir ces jeunes en les aidant à trouver un emploi. Pendant six mois, un mentor suit intensivement un jeune par le biais de réunions hebdomadaires de deux heures. Les jeunes bénéficient de l'expérience professionnelle et des contacts du mentor, perfectionnent leurs compétences linguistiques et augmentent leurs chances sur le marché de l’emploi.

"Nous sommes déjà parvenus à créer 34 binômes. Notre ambition est d’en créer un millier à Anvers, et ce grâce à notre expérience acquise à Bruxelles. Certains jeunes sont désormais en mesure d'aller travailler. Les résultats sont deux fois meilleurs que lors d’une collaboration normale. Nous ne cherchons pas activement du travail et ne sommes pas un bureau d’intérim. Nous aidons surtout les jeunes à élargir leur réseau parce que, dans la plupart des cas, ils ne connaissent pas beaucoup de monde", explique le directeur général Frédéric Simonart.

C'est également ce qu’observe Bert Verbeke qui est devenu mentor cette année. "Ces gens sont très souvent isolés. Depuis le mois de janvier, je coache le jeune Ahmad, 29 ans et originaire de Syrie. Quand il est arrivé en Belgique il y a un an et demi, il a immédiatement commencé à apprendre le néerlandais. En revanche, les moments où il peut pratiquer son néerlandais sont limités. Voilà pourquoi je vais parfois me promener avec lui pendant son temps libre afin qu’il puisse discuter et se perfectionner. J’aime bien transmettre mes expériences à d’autres personnes", explique Bert Verbeke.

"Ahmad possède un diplôme de master en économie et a travaillé dans le secteur bancaire et les assurances en Syrie. Dans ces secteurs, le temps d’attente est tout à fait différent. Depuis plusieurs semaines, il travaille comme logisticien chez Katoen Natie. Pendant ce temps, nous pouvons nous pencher sur d’autres opportunités qui se rapprochent plus de ses qualifications."

Dans certains cas, la procédure d’uniformisation des diplômes peut poser problème et l’attente s’avére relativement longue. Ce fut particulièrement le cas pour Karam. "Je suis originaire de Syrie et j’ai étudié en Egypte pendant sept ans afin d’obtenir un diplôme en transport maritime. Il aura fallu un an et demi pour tout arranger et parvenir à l’uniformisation de mon diplôme. La semaine dernière, je eu mon premier entretien dans une entreprise en accord avec ma formation et cela s’est bien passé. J'attends maintenant une réponse avec impatience", témoigne Karam.

(eh/jy) - Plus d'informations : www.duoforajob.be 

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21/06/2017