De plus en plus de freelance dans de multiples secteurs

"Je pensais que je serais peut-être trop âgée mais je suis arrivée à la conclusion que j'aurais dû le faire beaucoup plus tôt" (Christel Laeremans, infirmière indépendante).

De plus en plus de personnes prennent le pas sur le statut de freelance, et ce dans des secteurs de plus en plus diversifiés. "Cette tendance apparaîtra également pour les professions de pénurie", a récemment déclaré Robby Vanuxem, directeur général de Hays Belgique, dans un billet d’humeur où il communique son avis sur cette évolution. Christel Laeremans, originaire de Herenthout, a choisi de travailler comme indépendante il y a un an et demi, et ce dans le secteur des soins infirmiers.

"Dans la 'guerre des talents', nous constatons qu'il devient de plus en plus difficile de trouver des personnes pour un emploi fixe et souhaitant s'engager à long terme. De plus en plus de gens choisissent de devenir freelance. Selon Unizo, l'annue 2016 a connue une augmentation de 5,3% de freelance par rapport à 2015", explique Robby Vanuxem.

"Il n'est pas nouveau que les travailleurs indépendants ont plus de liberté que les employés ordinaires. Cela parle surtout à la jeune génération qui souhaite encore étudier ou vaquer à d'autres occupations afin de se positionner sur le marché de l’emploi.

Cela s’avère difficile à combiner avec le statut rigide d’employé. En tant que freelance, vous bénéficiez de suffisamment de flexibilité sans pour autant sacrifier des opportunités de carrière. Les entreprises sont en partie responsables de cette hausse de travailleurs freelance. Un exemple bien connu est celui des banques qui, depuis la crise financière, ne travaillent plus qu'avec des freelance dans le domaine de l'informatique. L'efficience des coûts, le fait de savoir qu'on ne peut pas être bon en tout et l'externalisation de certaines tâches y sont pour quelque chose."

Les professions en pénurie

"La tendance se poursuivra dans d'autres secteurs où les professions en pénurie sont nombreuses, comme dans la construction", poursuit Robby Vanuxem. "Dans le secteur de la comptabilité, un changement de mentalité est également perceptible. Même dans les soins infirmiers, des professions typiquement en pénurie avec des horaires et des shifts de travail irréguliers, la tendance au travail indépendant s’est développée. Le nombre d'infirmières indépendantes à domicile augmente d’année en année. Après tout, elles peuvent choisir leurs propres horaires et gagner 30 à 40% de plus qu’avec un contrat d’employé fixe."

Christel Laeremans est parfaitement d’accord. Avec deux autres personnes, elle gère la société 'Nursing Team Kempen'. "Je suis infirmière depuis 1992. Après quatorze ans passées à l'hôpital et dix ans à la Croix Jaune et Blanche, j'ai décidé en 2016 de travailler comme indépendante. Avec deux collègues, j'ai repris les commandes d’une structure indépendante existante qu’une personne avait décidé d’arrêter de gérer. J'aurai bientôt 46 ans et j'étais un peu inquiète au départ car je me demandais si j’allais y arriver. Je pensais que je serais peut-être trop âgée mais je suis arrivée à la conclusion que j'aurais dû le faire beaucoup plus tôt. Depuis que je suis indépendante, je n'ai pas jamais travaillé contre mon gré", affirme-t-elle.

"En fait, vous avez beaucoup plus de liberté pour planifier le travail comme bon vous semble et vous pouvez travailler beaucoup plus facilement que dans une grande organisation. Vu que nous sommes trois, le travail est plus facile à diviser et, vu que c'est votre business, vous pouvez y apporter votre propre touche et cela procure beaucoup de satisfaction."

Risques

"Travailler comme freelance comporte certains risques", prévient Robby Vanuxem. "Un employé qui envisage de devenir freelance sous-estime souvent ses futurs revenus. Il y a un risque que les montants facturés soient considérés comme de l'argent net d'impôts. Ce que l’on oublie souvent, c'est qu'il y a toujours des cotisations sociales à payer et qu’il n'est pas question de pécule de vacances. Idem pour le revenu garanti et l’épargne pension. Pour un employé, ces aspects financiers sont gérés par son employeur."

"Avant, j'avais un salaire mensuel fixe. En tant qu'infirmière à domicile indépendante, vous pouvez gagner plus que la moyenne parce que vous êtes payé en fonction de vos prestation et le compteur peut rapidement grimper. Cela signifie bien évidemment de longues journées de travail et des heures supplémentaires. Pas de travail, pas de salaire", témoigne Christel.

"Les entreprises doivent réfléchir attentivement aux risques qu'elles prennent en externalisant leurs connaissances et en travaillant avec des freelance", explique Vanuxem. "Une part de l'ADN de l'entreprise est également sous-traitée et, une fois que quelque chose a été externalisé, vous pouvez difficilement la faire revenir dans l’entreprise."

"Il faut également faire attention à la détérioration des connaissances (technologiques). La responsabilité d'optimiser les compétences et de se former est essentielle chez le freelance. Les clients considèrent actuellement que ce n’est pas leur rôle, ce qui conduit à une détérioration des connaissances technologiques. Le système éducatif doit être conscient que les diplômés ne choisissent pas nécessairement un statut d'employé et que, par conséquent, les formations doivent être données en se basant également sur la statut de freelance. De cette façon, les jeunes diplômés pourront choisir la direction qu'ils voudront donner à leur carrière.", conclut Robby Vanuxem.

(eh/jy)

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19/10/2017