De meilleures perspectives pour les intérimaires

Après des années de négociations, un accord relatif à l’actualisation de la loi sur le travail intérimaire a été trouvé par les partenaires sociaux du CNT (Conseil National du Travail). « Une bonne chose pour la professionnalisation du secteur » entend-on du côté des agences d’intérim. On attend également beaucoup de l’ouverture du secteur public à l’intérim.

« De manière générale, c'est un bon pas en avant », estime Hubert Vanhoe, Directeur des opérations chez USG People. « La loi datant de 1976 est enfin modernisée. »

Une meilleure protection 

Les principales modifications touchent la nature de l'emploi temporaire ainsi que les contrats d’une journée. « Le nouveau cadre présente une plus grande flexibilité, mais prévoit également des pénalités pour les violations et les abus », déclare M. Vanhoe.

« Jusqu'à présent, les employeurs ne pouvaient recourir aux intérimaires que pour trois raisons », explique Mark De Smedt, Country Manager chez Adecco. « Pour remplacer quelqu’un temporairement, pour une augmentation momentanée de l’activité ou pour des circonstances exceptionnelles. Il existe désormais une quatrième raison : engager des travailleurs intérimaires avec contrat à durée indéterminée à la clé. C’était déjà courant dans la pratique mais à présent, c’est officiellement réglé. »
 

Les agences d’intérim se verront également invitées à justifier le recours aux contrats journaliers. Les contrats-journée à répétition ne devraient d’ailleurs plus être possibles, sauf si la nature du travail l’exige. « Dans le passé, on a parfois fait une utilisation abusive de ce type de contrat, par paresse ou pour d’autres raisons. C’est une bonne chose que des règles claires excluent désormais ces situations » remarque Mark De Smedt. « Cela ne signifie pas que les contrats à la journée vont totalement disparaître, car certains secteurs ont toutes les raisons de continuer à les utiliser ».

« Changement majeur » 

Sur la côte, l’Horeca est par exemple fortement tributaire de la météo. Les secteurs des soins ou de la logistique ont également régulièrement besoin de main-d’œuvre temporaire. « Pour moi, ces nouvelles règles sur les contrats journaliers constituent le changement majeur », observe Jan Denys, de Randstad. « C'est un bon régime, assez souple. En même temps, ce système met plus de responsabilités sur la société elle-même. »
Pour Philippe Melis, de Tempo-Team, la balle est également dans le camp des employeurs, lesquels « doivent pouvoir démontrer la nécessité du recours à la flexibilité dans l'organisation ». Et M. Melis de se réjouir : « Un autre avantage pour nous : les contrats hebdomadaires sont plus faciles à suivre et nécessitent moins d'administration ».

L'accès à la fonction publique 

Ce changement rimera-t-il avec chamboulement ? « C’était déjà dans la pratique. Mais c’est une bonne chose que cela ait été retiré de la zone grise » affirme Jan Denys. « En fait, je m'attends à des conséquences plus importantes de la part des nouvelles directives européennes. Celles-ci vont ouvrir complètement le secteur public à l’intérim, ce qui à ce jour n'est encore jamais arrivé dans notre pays ». La Belgique était en effet avec la Grèce, le seul pays à restreindre le recours à l’intérim dans le public.

Mark De Smedt abonde dans ce sens : « Cette directive européenne est une bonne chose. Non seulement pour le secteur de l’intérim, mais aussi pour l'emploi. En règle générale, le travail temporaire mène à une augmentation de l'emploi et aussi à des contrats plus stables ».

Perspectives 

Pour Jan Denys, cette directive « va relancer le secteur après une année 2011 compliquée. La Belgique est officiellement en récession et cela a des conséquences sur le marché du travail. Il y a une légère hausse du chômage et nous nous attendons dans les prochains mois à une baisse de 0 à 5 % de l'emploi temporaire. Je pense que nous allons encore connaitre deux trimestres difficiles et qu’ensuite nous serons à nouveau dans la bonne direction. Mais évidemment, il s’agit d’une estimation très provisoire. »

Il nous faudra donc encore attendre quelques mois avant de savoir…

(bvdb/jt)

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12/02/2013