D’abord vos codes d’accès à Facebook, svp

Bassett refuse de poursuivre sa candidature lorsque son recruteur, prêt à violer son droit à la vie privée, lui demande ses identifiants… Mais les candidats suivants n’ont pas le choix et s’y résignent. Oups, où va-t-on ? Dans quel régime sommes-nous ?

27 mars 2012

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Justin Bassett est très étonné, lors d’un récent entretien de recrutement, lorsque son interlocutrice lui demande son identifiant et son mot de passe pour accéder à son profil privé sur le site du réseau social. Bassett refuse et annule sa candidature, expliquant qu’il ne souhaite pas collaborer avec une société qui viole son droit à la vie privée de façon aussi flagrante, mais d’autres candidats, qui n’ont pas le choix, acceptent l’énormité.

Plus aucune limite

Que consulter le profil Facebook ou Twitter des candidats soit devenu depuis longtemps monnaie courante chez les responsables des ressources humaines, c’est une chose. Les solliciter pour devenir leur ami, c’est aller encore un peu plus loin. Mais de là à leur demander leurs codes d’accès personnels à leur compte privé, il y a encore un pas. Et visiblement, outre atlantique, on le franchit sans vergogne.

Mais où cela va-t-il s’arrêter ?  Cela met tout le monde mal à l’aise, à raison, que nous reste-t-il de notre vie privée ? Pour garder un rien de jardin secret, subsiste une piste : garder son Facebook privé et surtout ne pas accepter ses collègues comme amis… Les recruteurs trouvant que les réseaux sociaux sont une mine d’informations sur le candidat, ils vont jusqu’à marchander les accès : si vous refusez de me donner votre profil alors décidons d’un compromis, vous me permettez au moins de consulter les messages postés sur votre mur, vos photos etc…

Dans le Montana, par exemple, les services publics comme la police ou les services d’urgence, demandent aux candidats leurs identifiants à leur boîte email, aux sites des réseaux sociaux dont ils sont utilisateurs, et à leurs autres comptes en ligne. Deux Etats américains, l'Illinois et le Maryland, voudraient interdire cette fâcheuse pratique.

Avons-nous encore une Constitution ?

Bradley Shear, avocat de Washington, ne comprend tout bonnement pas que les gens acceptent de faire une chose pareille. C’est étonnant à deux points de vue, au moins… Le candidat n’est plus tant jugé pour ses compétences et connaissances professionnelles mais pour ses traits de personnalité que l’on peut sonder sur son profil Facebook. Ensuite le marché de l’emploi est devenu si étroit que oui, les candidats se voient dans l’obligation de se soumettre à de telles exigences proprement déplacées, sous peine de ne plus trouver le job dont ils ont besoin coûte que coûte. On se croirait dans un régime totalitaire, pas vrai ? C’est l’avis de l’avocat en tout cas…

Vous avez dit vie privée ?

Dans quelques cas, les salariés ont dû signer des clauses dans leur contrat de travail, généralement appelée ‘social policy’ leur interdisant de médire en ligne sur leur employeur. D’accord, les collaborateurs ne sont pas censés poster sur leur mur n’importe quel blasphème mais partager les photos et les commentaires de son week-end avec ses amis doit-il forcément passer par l’employeur, les RH, ses collègues ?

Bientôt on exigera que nous soyons toujours en ligne, presque comme si nous n’avions droit à aucune vie personnelle. Pour certaines fonctions dans le secteur de la sécurité, on pourrait encore comprendre, mais en quoi suivre un athlète sur son Facebook pourrait-il être justifié, pour ne prendre qu’un exemple ? D’ailleurs, dans les conditions d’utilisation du site Facebook, ne lit-on pas qu’il faut s’abstenir de partager son mot de passe ?

(sc) - Sources : web2carz.com, express.be

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