Comment rouler les recruteurs avec votre langage corporel ?

Vous filmer. C’est un conseil en or pour un entretien d’embauche, une présentation ou un rendez-vous d’évaluation. Pas pour voir s’il y a encore des restes de repas entre vos dents ou de la pâte de dentifrice sur vos vêtements. Non, il s’agit de savoir adopter la bonne pose pour bien vous y prendre lors de votre entretien.

Notre langage corporel a une sérieuse influence sur la façon dont les gens nous perçoivent. Le contact des yeux, une attitude corporelle ouverte, une poignée de mains ferme… C’est bien plus important que l’on ne pense.

Plus fort en prenant une pose plus dominante

La nouvelle enquête du professeur Amy Cuddy de la Harvard Business School montre que notre langage corporel peut influencer aussi la manière dont nous nous voyons nous-mêmes. En adoptant littéralement une position de force, nous nous sentons réellement plus forts.

« Notre langage corporel détermine qui l’on est », explique Cuddy. « Tant les individus que les animaux expriment leur puissance via leur langage corporel. Lorsqu’ils se sentent peu sûrs d’eux, ils se renferment et font de petits pas. S’ils se sentent bien, ils en font de grands. » Cuddy se demande si l’inverse n’est pas vrai aussi. Notre langage corporel peut-il influencer nos pensées et nos sentiments et nous faire sentir forts ?

Plus de testostérone

Pour trouver la réponse à cette question, Cuddy organise une expérience. Elle demande à la moitié des participants de prendre une pose dominante pendant deux minutes (‘power pose’) :

  • Les pieds légèrement écartés, les mains sur les hanches ou les bras en l’air en forme de V
  • Ou assis avec les jambes étendues, les pieds sous la table ou le bureau, pose relaxavec les mains derrière la nuque, les doigts croisés et les coudes ouverts vers l’extérieur.

A l’autre moitié, elle demande de prendre une position dévalorisante (‘lower pose’) ; recroquevillé sur eux-mêmes, les jambes fermées l’une sur l’autre et les bras le long du corps.

Avant et après l’expérience, on mesure la testostérone et le cortisol. La testostérone montre le caractère dominant, le cortisol indique le stress.

Qu’en ressort-il ? Les participants qui ont pris une pose de domination ont par la suite 20% de testostérone en plus et 25% de cortisol en moins dans le corps. Les participants qui ont adopté une position dévalorisante, ont 10% de testostérone en moins et 15% de cortisol en plus.

Flouer les recruteurs

Notre langage corporel est donc capable en peu de minutes d’influencer nos hormones et de nous faire sentir plus forts ou moins dominants. Mais encore plus étonnant, notre langage corporel a aussi un impact sensible sur de vraies situations.

Cuddy vient à cette conclusion à l’issue d’une enquête menée par la Colombia University auprès de 61 universitaires. Elle leur demande de prendre une pose de domination ou dévalorisante alors qu’elle les prépare à un entretien de sélection important. Ils doivent tenir la pose pendant 7 minutes. Les étudiants ont ensuite un entretien avec des recruteurs qui consciemment ne donnent aucun feedback non verbal afin de créer encore plus de stress chez les étudiants. L’entretien est filmé et évalué par plusieurs personnes qui ne sont pas au courant de l’étude.

Résultats ? Les évaluateurs trouvent les participants qui ont pris la pose de domination avant l’entretien plus compétents et plus capables que les participants qui ont adopté une pose dévalorisante.

En d’autres mots, le succès semble être moins fonction de ce que les candidats racontent pendant l’interview que de leur attitude et de la présentation adoptée pour l’interview. Vous savez à présent ce qu’il vous reste à faire pour vous préparer à votre prochain entretien !

Sources : VDAB

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02/01/2013