Ils ont besoin de se droguer pour aller travailler...

Les professionnels de la santé accueillent dans leurs cabinets de consultation une nouvelle catégorie de dépendants : les travailleurs actifs.

24 avril 2012

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Il ne faut pas aller loin pour trouver des exemples, la drogue peut rendre joyeux un jour ou chaque matin pour devenir le levier qui nous sort du lit. Elle ne s’appelle pas forcément cocaïne, elle se trouve aussi en pharmacie, elle peut ressembler à de la vitamine C, à de la caféine… On peut y goûter pour tenir le coup de longues heures au volant, après avoir bossé toute la nuit sur un gros dossier à terminer. Et trouver cela fort pratique ; deux heures de sommeil, une petite gélule et hop, je suis tout ragaillardi. Une fois que l’habitude s’installe, que l’on replonge par excès de stress ou pour ne plus ressentir sa peur, les choses s’aggravent.

Métiers prédisposés

Certains secteurs favoriseraient l'usage de drogues. L'Institut national français de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) a publié en janvier ses premières données sur la consommation de drogue au travail. Dans l’agriculture, la pêche, l’usage quotidien d’alcool s’élèverait à quelque 16%, 13,4 % des salariés de la construction boiraient tous les jours contre 7,7 % pour le reste de la population. Dans la restauration, l'information, la communication, le secteur artistique, on serait plutôt consommateurs de drogues illicites.

Evolution ?

Selon les spécialistes, le phénomène remonterait aux années 1990-2000 qui ont vu se modifier l’ambiance au travail, empreinte non plus de certitudes mais de compétition malsaine et de course aux résultats. On parle d’une augmentation de 20 à 25% de ce type de patients ces dix dernières années. « Et c'est la façon de consommer qui est différente : les gens se droguent pour venir travailler », témoigne Fabienne Alcaix, médecin du travail en France.

Plus de choix à moindre prix

La panoplie de drogues disponibles a évolué : à l’époque du franc, la cocaïne s’est un jour vendue à 1 800 francs français le gramme (l’équivalent de 267 euros), contre 60 euros aujourd'hui.  

Nous serions passés du récréatif au "dopage" au travail.Avec le risque qu’une fois le pli pris du rail que l’on tire pour se stimuler en semaine, le week-end, on ne peut plus s’en passer et on s’installe dans l'addiction.

Le psychiatre Hautefeuille insiste, parmi les stimulants, on ne compte pas que la cocaïne, mais par exemple aussi la métamphétamine, mais aussi des produits licites comme le Guronsan ou la caféine. Une gélule de caféine qui se vend en pharmacie,  peut contenir la dose de 4 à 5 expressos et créer des effets secondaires comme tremblements, nausées, tachycardie. Et ensuite on se rabat sur d’autres produits pour trouver le sommeil, se déstresser ou performer le lendemain.

Même plus peur

Certains tirent quelques rails quotidiens pour tenir le coup et gagner de l'argent. D’autres, comme les cadres que le Dr Alcaix rencontre dans son cabinet, boivent avant une réunion pour se désinhiber,  pour ne plus avoir peur de s’exprimer. Pour le Dr Hautefeuille, les causes de cette consommation sont d'abord managériales : pression sur les salariés, anonymat, tension de l’organisation en open space liée à la sensation d’être épié en permanence...

Les témoignages prêtent à réfléchir. Comme celui d’un commercial dans le textile qui prend de la cocaïne pour manger des kilomètres et aller décrocher des contrats chez ses clients éloignés. Au bout d’un an, il constate qu’il ne parvient plus à se concentrer, devant vérifier à l’excès ce qu’il fait et déplore une dégradation de ses relations sociales, sombrant dans l’impatience et l’irritabilité.

Et dire que, selon l’Inpes, l’activité professionnelle serait un facteur de protection des conduites addictives…

Sources : le Monde.fr  

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