Attention avec le travail de nuit!

D’après une recherche de Sihem Sassi, médecin du travail chez Attentia, il apparait que 4 travailleurs de nuit sur 10 doivent faire face à des troubles de sommeil.

7 novembre 2011

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"les plus sensibles disparaissent, les plus forts restent travailler." (dr. sihem sassi, attentia)

D’après une recherche de Sihem Sassi, médecin du travail chez Attentia, il apparait que 4 travailleurs de nuit sur 10 doivent faire face à des troubles de sommeil.

Les troubles du sommeil les plus récurrents dans cette recherche sont un manque de sommeil, un sommeil de mauvaise qualité et des difficultés à s’endormir. "Pendant la journée, on ne dort jamais autant que pendant la nuit, mais toujours moins, en moyenne deux heures de moins. Ceux qui travaillent plusieurs nuits à la suite, doivent faire face à un manque de sommeil grandissant qu’ils auront du mal à rattraper. Avec pour conséquence, une grande fatigue. Une personne travaillant cinq nuits de suite n’a pas assez de son weekend pour récupérer. Un système comptant quelques jours de travail de nuit et autant ou plus de jours de repos est bien mieux", explique docteur Sassi.

Un ryhtme biologique dérangé

Des troubles digestifs tels que constipation, diarrhée et douleurs d’estomac sont la conséquence d’une mauvaise alimentation (les personnes travaillant de nuit ont souvent une mauvaise alimentation) et du fait d’ignorer notre rythme digestif naturel. Les personnes se nourrissant la nuit le font a un moment où leur corps ne s’y attend pas.

Les principaux problèmes de santé auxquels les travailleurs de nuit sont confrontés, sont la conséquence d’un rythme biologique dérangé, ce qui est également nocif pour notre système cardiovasculaire avec pour conséquence une tension élevée et des problèmes cardiaques. Des études plus anciennes ont déjà prouvé que les personnes travaillant de nuit ou en équipe ont quarante pourcents de chances en plus de souffrir de troubles cardiovasculaires. L’Institut International pour la Recherche contre le Cancer a même récemment ajouté le travail de nuit ou en équipe au groupe de ‘substances’ qui sont vraisemblablement cancérogène. L’institut a pris cette décision suite à une recherche sur le cancer du sein chez les hôtesses de l’air.

Processus du cancer accéléré

"Le travail de nuit n’est pas la cause du cancer, mais il accélère le processus de développement de la maladie. Si notre rythme naturel est dérangé, nous sommes moins bien protégés contre les cellules étrangères", déclare docteur Sassi selon qui les conséquences psycho-sociales du travail de nuit ne doivent pas être négligées : fatigue, problèmes de concentration, irritabilité, dépression... "Et les femmes qui travaillent de nuit doivent plus souvent faire face à des règles douloureuses, à des problèmes d’infertilité et à un risque accru de fausses couches et de naissances prématurées." Le risque d’un accident du travail est également plus élevé pendant la nuit: des statistiques à ce sujet démontre un pic classique autour du roulement entre équipe de nuit et équipe du matin.

Malgré tous ces dangers, le travail de nuit et en équipe sont en hausse. Une évolution dans laquelle non seulement les employeurs (pour des raisons de concessions fiscales du gouvernement), mais aussi les employés sont demandeurs. Pour eux, le travail de nuit n’est pas seulement intéressant d’un point de vue financier (primes), mais également d’un point de vue familial, car il ‘allège’ la situation familiale. Les employés travaillant de nuit peuvent aider dans les tâches ménagères pendant la journée.

Pas conscients des dangers

Selon docteur Sassi, la plupart des employés ne sont pas tout à fait conscients des dangers du travail de nuit. "Ce n’est que quand je commence à leur poser des questions qu’ils réalisent qu’ils présentent de nombreux symptômes."

Pourtant, certaines personnes sont plus résistantes que d’autres au travail de nuit. Mais même les oiseaux de nuit finissent par accumuler la fatigue. Et comme passer d’un travail de nuit à un travail de jour dans la même entreprise est souvent très difficile, de nombreux travailleurs de nuit abandonnent après dix à quinze ans. “Plus vous vieillissez, moins vous supportez le travail de nuit. Seuls ceux qui s’adaptent au rythme restent; c’est une forme de sélection naturelle”, explique docteur Sassi.

"Les plus sensibles disparaissent, les plus forts restent travailler."

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