Actuaire, un métier en pénurie

Ils sont inconnus du grand public et pourtant si recherchés dans le secteur des banques et des assurances ! Les actuaires calculent et évaluent les risques, et ce notamment pour des banques, des compagnies d’assurance, des bureaux de réviseurs et des entreprises de consultance.

17 mars 2015

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"lorsque le marketing lance un nouveau produit, un actuaire leur donne notamment des conseils en matière de cible." (tom de troch, actuaire travaillant auprès des assurances fédérales)

L’actuaire est un métier en pénurie par excellence. "Je le sais plus que n'importe qui", nous dit Tom De Troch, responsable du département 'Vie' auprès des Assurances Fédérales (assurances groupe, épargnes pension, produits d’épargne, etc).

Tom a quarante ans et est actuaire de formation, bien qu’il ait commencé ces études à un âge avancé. "J’ai obtenu un diplôme d’ingénieur civil en électromécanique. Développer des moteurs a toujours été l'une de mes grandes passions. Malheureusement, il n’y a que peu ou pas d’opportunités dans ce domaine en Belgique. En 1997, j'ai décidé de démarrer dans le secteur des assurances en tant qu’ingénieur en prévention des accidents de travail."


Tom attrapa vite le virus du secteur et fit carrière en tant qu’actuaire. Un actuaire a besoin d’un bon bagage mathématique. Bagage dont il dispose en tant qu’ingénieur. Mais cela n'était pas suffisant à l’époque. Deux ans plus tard, il reprit des études, après ses heures de bureau, afin de décrocher un diplôme d’actuaire. En 2007, il fut à la tête d’une équipe d’actuaires chez son employeur précédent. Depuis octobre dernier, il travaille auprès des Assurances Fédérales, dont le CEO est également actuaire de formation.

Fixer les tarifs

Mais que fait donc un actuaire ? "Bonne question", sourit Tom. "Pour expliquer le plus brièvement possible, je dirais qu’un actuaire 'actualise' les obligations futures, dans mon cas, d’une compagnie d’assurance. Il détermine donc ce qu’elles valent aujourd’hui."


Exemple : une victime d’un accident du travail reçoit une rente annuelle de son assurance. Celle-ci suit l’inflation, ce qui signifie qu’elle peut augmenter chaque année. Un actuaire en calcule l’impact financier à long terme et l’intègre dans la comptabilité.


Ce n’est qu’un aspect du métier. Les actuaires calculent également les tarifs des produits d’assurance, déterminent et totalisent le plus correctement possible les sinistres que la compagnie d’assurance va devoir payer à l’avenir, etc. Un actuaire est un magicien du chiffre. Il calcule quelle sera la rente dans 25 ans et quel en est l’impact comptable à la valeur d’aujourd’hui.

Rentabilité et attractivité

L’actuaire ne fait pas ce travail de calcul tout seul avec son âme devant son ordinateur. Il a beaucoup de contacts avec ses collègues, comme par exemple ceux du département marketing. "S’ils veulent lancer un nouveau produit, l’actuaire leur conseillera la meilleure cible à qui l’adresser", explique Tom De Troch.


Les actuaires s’attachent à trouver un équilibre entre rentabilité et attractivité. Offrir un produit concurrentiel n’est en effet pas difficile dans le secteur des assurances. Une prime faible pour une couverture complète est de nature à attirer, mais ce ne sera évidemment pas rentable. "C’est pourquoi nous offrons, par exemple dans la construction, de meilleurs tarifs aux entreprises témoignant d’une bonne politique de prévention, parce que la probabilité d’accidents est réduite."

Beaucoup de demandes, peu d’offres

Selon Tom De Troch, s’il n’y a pas assez d’actuaires, c’est par manque de connaissances du métier. Il est possible de le devenir à l’issue d’une formation complémentaire à l’université, pour autant que vous soyez en possession d'un diplôme en mathématiques ou en économie. Vous ne devez pas nécessairement être mathématicien ou économiste, des ingénieurs commerciaux ou civils font également l'affaire.


Quelques dizaines d’actuaires obtiennent leur diplôme chaque année. L’IABE, l’Institut des Actuaires de Belgique, a inscrit 64 nouveaux membres l’an passé. "Les actuaires n’ont pas l’obligation de se faire membre mais la plupart le font. Ce nombre est un bon indicateur du flux sur le marché du travail", explique Gerda Elsen, membre de l’association professionnelle.


Selon les mêmes chiffres, environ 46 actuaires ont obtenu leur diplôme en 2013 contre 34 en 2012. Entretemps, la demande pour cette profession continue d'augmenter. Tels sont les résultats de Solvency II. Cette directive européenne, comparable aux accords de Bâle pour le secteur bancaire, oblige les assureurs à maintenir une réserve suffisante de capital afin d’éviter une faillite. Ce sont les actuaires qui calculent l’importance des réserves 'tampons' à constituer.


Même à l’IABE, on entend dire que le métier d’actuaires est en pénurie. A côté des banques et des compagnies d’assurances, ce sont aussi les entreprises de consultance et les réviseurs qui recherchent ces précieuses 'machines à calculer'.


Plus d’infos sur le métier d’actuaire en consultant le site de l’Institut des Actuaires de Belgique www.iabe.be 


(EH) (SC) 

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