3 tremplins vers des métiers techniques

"Je regrette la sous-évaluation des études techniques" (Joel Reynaert, ancien Key Account Manager et désormais peintre-décorateur).

Les entreprises peinent à combler leurs postes techniques vacants. Les métiers techniques prédominent sur la liste des fonctions en pénurie du VDAB. Pensez notamment aux chefs de chantier, aux monteurs ou aux responsables de production. Où vous situez-vous par rapport au travail technique de vos rêves ? Nous passons en revue trois tremplins vers des métiers techniques.

Au centre de recherche high-tech de Louvain (IMEC), les recruteurs font preuve de créativité dans leur recherche de talents techniques. "Nous attirons 60% de nos recrues de l'étranger", déclare Chris Beenders, Talent Acquisition Manager. "Nous mettons aussi l'accent sur les caractéristiques techniques locales, à savoir les professions d’opérateur, de technicien et de technicien de processus."

Tremplin 1 : une passion pour la technologie

Lorsque les opérateurs IMEC recrutent, la personnalité et la capacité d'apprentissage du candidat priment sur le diplôme. La flexibilité de travailler dans une équipe importe également. Les opérateurs reçoivent beaucoup de formations sur le tas et manient des machines de haute technologie. "Cela les rend fiers", déclare Chris Beenders. "Les employés passionnés par la technologie moderne présente dans les voitures ou les derniers films Star Wars se sentent très à l’aise avec notre parc d'équipements."

Tremplin 2 : preuves à l’appui

L’outplacement permet aux employés licenciés de réorienter leur carrière. "Je soutiens les travailleurs au niveau du développement de trois compétences professionnelles", explique Goedele Van Wichelen, consultante en management chez Ascento à Wijgmaal. "Consolidez votre réseau, mettez vos connaissances à jour et réfléchissez à votre carrière."

Selon elle, ce processus permet de faire remonter les talents cachés à la surface. Comment rendre vos intérêts crédibles face à des employeurs potentiels ? "Avec des preuves à l’appui telles des formations, du bénévolat ou une mission intérimaire à orientation technique."

Tremplin 3 : les bancs d'école pour adultes

Qu’il s’agisse du VDAB, des CVO (Centres régionaux d'éducation des adultes), de Jobber.be ou de Cevora, ces organismes proposent un arsenal de formation technique pour les adultes. "Saviez-vous que l’Onem (Office National de l’Emploi) vous dispense de recherche d’emploi si vous suivez une formation à temps plein pour une profession en pénurie ?", précise Goedele Van Wichelen.

Le marché du travail est impitoyable avec les personnes ayant une image utopique de leur carrière professionnelle. "Une profession technique figure parfois en deuxième ou troisième position dans la liste des souhaits d'un travailleur. Se concentrer là-dessus finit toujours par payer", affirme-t-elle. "En tant que coach d’outplacement, j’ai par exemple accompagné une femme médecin de 55 ans qui travaillait comme experte médico-légale. Elle se forme désormais afin de devenir professeur d'informatique. Un nouveau monde va s'ouvrir à elle."

De Key Account Manager à peintre-décorateur : "Apprendre une nouvelle discipline est presque considéré comme un sujet tabou"

Joel Reynaert travaille depuis quatre ans comme peintre-décorateur indépendant. Avant cela, il occupait le poste de Key Account Manager chez McKinsey. Il a effectué un switch de carrière remarquable grâce à "de la passion et des mains habiles".

"Après mon licenciement, j'ai pris deux semaines pour réfléchir à ce que je voulais faire de ma vie. J'ai éteint l’interrupteur Mc Kinsey et décidé de développer ma passion pour la peinture et le bois. À 49 ans, je me suis retrouvé sur les bancs de l’école pour finalement terminer une formation de peintre décorateur dans un centre de formation destiné aux adultes (Encora)."

Un tel changement s’opère de manière réfléchie. "Parlez avec votre famille, vos amis ou un coach de carrière. Je suis habile de mes mains et j'ai des aptitudes techniques. La charge physique du travail est soutenue. Une telle transition m’a fait mal, tant d'un point de vue physique que mental. Bénéficier de soutien de votre entourage est toujours le bienvenu."

Enfin, il utilise ses compétences commerciales et financières développées chez Mc Kinseyr. "Cela m'aide avec mon statut d'indépendant", affirme-t-il. Joe Reynaert jouit d’une certaine liberté et d'autonomie. "Je regrette la sous-évaluation des études techniques. Apprendre une discipline technique ressemble presque à un tabou. Donnez aux personnes qui se cherchent la possibilité de travailler temporairement dans un environnement de travail qui les stimule. Je suis convaincu que vous découvrirez de nouveaux talents."

(eh)

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06/11/2017