1 haut diplômé sur 3 cherche un autre job

Kurt Schreurs
"Un haut-diplômé sur quatre a eu au cours des derniers mois un entretien avec d’autres employeurs potentiels." (Kurt Schreurs, CEO de SThree Benelux)

Certains ingénieurs, mais aussi des financiers et des profils technologiques ne restent plus à leur place très longtemps. Un tiers d’entre eux recherchent activement un autre job. Cela ressort d’une enquête menée par Thomas More Business School et le bureau de recrutement SThree.

L’immobilité engendrée sur le marché du travail par la crise et l’incertitude de l’emploi semble doucement disparaître. Du moins, pour les haut-diplômés, et plus spécifiquement chez les actifs dans les secteurs financier et technologique, ainsi que chez les ingénieurs. “L’an passé, nous avons vu le nombre de postes vacants pour ces profils augmenter d’un quart”, nous dit Kurt Schreurs de SThree.

Vague de mobilité

Selon le CEO du bureau de recrutement, nous sommes à l’aube d’un énorme mouvement de mobilité parmi les haut-diplômés. En collaboration avec la Thomas More Business School, nous avons interrogé 508 participants répondant à ce profil. « Nous voulions savoir s’ils étaient contents et impliqués dans leur organisation actuelle et ce qu’ils avaient l’intention de faire sur le marché de l’emploi, maintenant que l’économie reprend légèrement. »

L’image qui en ressort n’est pas si rose, même pas pour les employeurs. Quelques chiffres : seul un sur quatre se dit émotionnellement impliqué par son job, un sur trois se fait des soucis quant à son avenir, deux sur trois voient peu de possibilités d’évolution en interne, un sur trois cherche activement un autre job dans les six mois à venir et 70% estiment qu’ils ont de fortes chances de trouver rapidement un autre emploi.

Stress négatif

Le ‘pire” semble être pour les profils financiers. « Le personnel des banques souffrent visiblement le plus de la crise. Ils se sentent surtout très peu sûrs. Les ingénieurs sont plus convaincus de pouvoir garder leur job actuel », détaille Kurt Schreurs.

La plupart des haut-diplômés interrogés sont tout de même satisfaits de leur job actuel. Deux ingénieurs sur trois se disent contents. Les profils financiers affichent, ici aussi, de moins bons scores (57%). Ils seraient aussi les moins sûrs de leur poste actuel (47%). Ce qui se traduit notamment par du stress négatif au travail. Quatre sur dix profils financiers interrogés disent en souffrir. Chez les ingénieurs et pour les profils technologiques, cela tourne autour des 30%.

L’herbe est plus verte ailleurs

Tous les travailleurs le vivent, les opportunités de changer de fonction en interne sont bien minces. En moyenne, 30% estiment qu’ils ont de grandes chances de trouver un autre job chez leur employeur actuel s’ils cherchaient à changer de fonction.

Les haut-diplômés ont le même sentiment quand on leur pose la question sur leurs perspectives de carrière au sein de leur propre organisation. Pas plus d’un sur trois y voit des possibilités d’évolution intéressantes.

Tout aussi fréquent dans cette enquête, le sentiment que l’herbe est plus verte ailleurs. Sept répondants sur dix estiment relativement facile de trouver un autre employeur, s’ils devaient en chercher un. Les profils financiers sont, à ce sujet aussi, un peu plus pessimistes.

Impliqués dans leur travail

Plus de la moitié des travailleurs (60%) envisagent de chercher un nouvel emploi. Un actif sur trois a effectivement l’intention de changer d’employeur dans les six mois qui suivent. L’intention de trouver un autre emploi est étonnement la plus élevée chez les ingénieurs, les profils les plus ‘satisfaits’.

Pour Kurt Schreurs, c’est là un signal qu’ils se sentent surtout concernés par leur travail et moins par leur employeur. « Et que l’économie qui se réveille a tendance à faire bouger les travailleurs, surtout ceux qui se sentent plus sûrs sur le marché de l’emploi.”

Regarder les offres d’emploi

Ce sont pourtant les profils financiers qui joignent le plus le geste à la parole et se mettent activement à la recherche d’un nouveau job. Plus de six sur dix ont regardé les offres d’emploi ces six derniers mois, un sur trois a envoyé plusieurs lettres de candidature et un quart a mené des entretiens avec des employeurs potentiels.

SThree et la Thomas More Business School ont partagé les résultats de leur enquête à propos de la génération Y (24-33 ans) et de la génération X (34-55 ans). Les travailleurs dans la vingtaine et les jeunes trentenaires auraient un regard plus positif sur leur job et leurs chances de trouver un nouvel emploi que leurs collègues plus expérimentés.

Les jeunes de la génération Y sont plus contents de leur emploi et de leur carrière. Ils recherchent moins activement un autre emploi mais ils estiment pouvoir trouver un autre job plus rapidement. Fait assez marquant : les jeunes sur le marché du travail s’estiment plus sûrs de leur emploi (70 contre 48%).

(wv/sc)

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23/12/2013