Tabac et drogue
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6 jours de vacances supplémentaires pour les non-fumeurs ?

Comment transformer une interdiction de fumer en histoire positive ?

"La plupart des fumeurs veulent réellement arrêter de fumer." (David Ooghe, chef de production et d'imprégnation de résine chez Unilin)
Bienvenue dans l'histoire d'un chef de production chez Unilin qui a mis en place une interdiction de fumer et a poussé 60 collègues de travail à le faire.
"La plupart des fumeurs veulent réellement arrêter de fumer." (David Ooghe, chef de production et d'imprégnation de résine chez Unilin)

"En tant que chef de production, j'ai toujours voulu instaurer une interdiction de fumer dans l'usine. De plus, les employés, qu'ils soient fumeurs ou non, ont de plus en plus revendiqué une interdiction générale de fumer. Nous avons fonctionné pendant des années avec un système de tolérance permettant une pause cigarette par shift de travail. Je maintiens qu'il est très dur de contrôler une telle mesure et qu'il existe des disparités entre les fumeurs et les non-fumeurs. De plus, la tabagisme n'était que très peu considéré au niveau de la santé et de la sécurité", explique Davy Ooghe de l'entreprise Unilin.


Avec des collègues des départements RH et Santé-Sécurité-Environnement, il a réussi à convaincre la direction de mettre en place une interdiction générale de fumer.

45% ont arrêté

Depuis un peu plus d'un an, Unilin a convenu qu'il était interdit de fumer sur le site pendant ET en dehors des heures de travail. "Il était primordial de créer une histoire positive à ce sujet. Une interdiction prend vite des tournures négatives. Nous ne voulions pas bêtement imposer cette mesure aux fumeurs et les mettre devant le fait accompli. La plupart d'entre eux ont voulu arrêter efficacement et par eux-mêmes. Nous leur avons donné la possibilité de suivre des cours de sevrage tabagique. De nombreux fumeurs y ont participé", précise-t-il.


Il s'agissait d'une session de six heures financée gratuitement par l'employeur et lors de laquelle les conjoint(e)s des employés étaient les bienvenu(e)s. Ensuite, les participants reçurent un suivi par e-mail ou par téléphone. "La formation se basait sur la méthode d'Allen Carr et ne portait pas tellement sur les effets nocifs du tabac mais plutôt sur le mécanisme de dépendance du tabagisme", poursuit Davy Ooghe. "La méthode montra clairement que vous n'avez pas besoin d'une cigarette pour bien vous sentir." Les effets furent surprenants : 45% des fumeurs travaillant chez Unilin et ayant participé à la session ont arrêté de fumer pour de bon.

Fumé pendant 35 ans

Même Philippe Perneel, chef d'équipe travaillant dans le département des finitions, a pu arrêter grâce à cette initiative. "J'ai fumé ma dernière cigarette pendant une pause lors de cette session. J'ai fumé pendant 35 ans. Ce n'était pas ma première tentative d'arrêt. J'y étais favorable mais également curieux. Si un petit-fils dit à son grand-père qu'il pue la cigarette, c'est un message nettement plus percutant."


Arrêter de fumer est à la fois facile et difficile. "La dépendance physique est encore gérable. Il arrive d'être de mauvaise humeur les premières semaines. Après cinq jours, votre corps n'a plus besoin de nicotine. Cela fait maintenant un an et demi que j'ai arrêté la cigarette. Je me rend bien compte que si j'allume une cigarette, je suis perdu. Un effet secondaire est que vous prenez quelques kilos. Dans mon cas, j'en ai pris douze et j'ai mis un an à retrouver une bonne forme physique. Une conséquence positive est que, en plus de prendre soin de votre propre santé, vous économisez beaucoup d'argent. Je fumais un paquet et demi par jour, ce qui revient à un montant de dix euros. Faites le calcul pour une année complète et vous pourrez déjà vous organiser l'un ou l'autre voyage."

Un fumeur passe six jours par an à des pauses cigarettes

Combien de temps les fumeurs passent-ils à prendre des pauses ? Cet exercice est relativement facile à faire. "Une cigarette correspond à sept minutes de pause", explique l'ancien fumeur Philippe Perneel. Si vous convertissez cela à deux cigarettes par jour (à savoir une estimation relativement raisonnable), un fumeur passe un quart d'heure par jour à fumer. En une année, cela revient à 50 heures ou six jours de travail.

L'e-cigarette est-elle une vrai cigarette ?

Outre l'interdiction générale de fumer, une nouvelle tendance fait son apparition dans le monde des affaires : la cigarette électronique qui devient de plus en plus populaire. Celle-ci ne 'brûle' pas de tabac proprement dit et, par conséquent, certains considèrent qu'ils peuvent la fumer sur leur lieu de travail.


Il sembleraient qu'ils aient tort. "Tout élément incitant à fumer ou donnant l'impression de fumer est interdit sur le lieu de travail", voilà ce que prescrit la loi du service public fédéral de l'emploi. Cela concerne également la cigarette électronique qui encourage le tabagisme. Par conséquent, elle est également interdite même si elle ne dégage pas de fumée de tabac. Le service public fédéral respecte la loi. Iris Tolpe, directeur de Securex, ajoute encore ceci : "L'e-cigarette ne contient pas de tabac mais la vapeur qui en émane peur contenir de la nicotine ou d'autres produits chimiques. Elle est donc nuisible pour la santé."

(eh/jy) 

30 août 2016
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