Barbie, un patron sans pitié
Paris, 8 décembre 2011. Devant la 'Fontaine des Innocents', il y a un mec balèze accoutré d’une robe rose à pois blancs, une perruque blonde et un diadème sur la tête. C’est Barbie et il est furieux.
Selon une récente étude 80% des jouets vendus au monde viennent de Chine. 10 jours avant Noël, l’association française ''Peuples Solidaires'' dénonce les conditions souvent lamentables dans lesquelles les ouvriers chinois fabriquent des jouets tels que les poupées Barbie de Mattel.
Concurrence mortelle
Parce qu’une période de cadeaux donc d’achats intenses exerce une pression supplémentaire sur la charge de travail, l’ONG Sacom (Students & Scholars Against Corporate Misbehavior) s’adresse aux géants du secteur du jouet en mettant en scène à Paris une Barbie déchainée. Le but : forcer les gros acteurs sur le marché du jouet (Disney, Lego, Hasbro et Mattel avec sa Barbie) à respecter les règles chez leurs fabricants locaux en Chine. La concurrence y est mortelle, malheureusement aussi au sens propre.
Imaginez un risque d’incendie dans un petit local d’une fabrique complément verrouillée pour éviter les vols et les fuites où travaillent de nuit une dizaine d’ouvriers… Comment pourraient-ils s’en sortir ?
3,50 euros par jour
La Chinoise Feng Yu a travaillé pour Mattel en Chine dans une entreprise locale de ce type. Elle témoigne qu’elle faisait 11 à 12 heures par jour. A ses dires, elle et les autres ouvrières gagnaient quelque 150 euros par mois. ''Peuples Solidaires'' chiffre à quelque 4 millions, principalement des femmes immigrées ou émigrées de 15 à 30 ans, les effectifs travaillant en Chine dans l’industrie du jouet et à 3,50 euros leur salaire moyen journalier.
Et cela alors que l’on vend 3 Barbie au monde toutes les 3 secondes. Un récent sondage en France a montré que 76% de nos voisins du sud sont au courant des mauvaises circonstances dans lesquelles les jouets sont fabriqués et que 57% d’entre eux sont même prêts à payer plus pour obtenir la garantie que leur Barbie & compagnie soient fabriquées dans des bonnes conditions de travail. Entretemps Sacom continue à insister sur le fait que depuis qu’elle tient le secteur à l’œil, soit depuis 2005, c’est à peine si elle a pu constater des changements de quelle nature que ce soit.
Vidéo : reportage de TF1
(jn) - Source : Peuples-solidaires.org
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